Le Trésor du breton écrit Teñzor ar brezhoneg skrivet
Ce blog s'inscrit en complément de la Chronique Brezhoneg : trésor du breton écrit publiée dans Ouest-France dimanche. Vous y trouverez les textes intégrals et leurs traductions ainsi que des éléments de bibliographie et des liens internet pour en savoir plus. Amzer ar brezhoneg skrivet a ya eus ar bloaz 800 betek vremañ. Kavout a reoc'h amañ ar pennadoù en o hed hag o zroidigezh ha war an dro un tamm levrlennadurezh hag al liammoù internet da vont pelloc'h ganti ma peus c'hoant.

1891 : Polémique sur le centenaire de la guillotine

En 1891, la bataille fait rage entre rouges et blancs au sujet de la commémoration de la Révolution et l’usage de la guillotine. Un petit opuscule paraît en breton sous le titre Ar c’hilhotin e Brest e-pad ar Spont bras(La guillotine à Brest sous la terreur). Les Républicains écrivent à l’époque Ar roialisted a zo treitourien e pep giz. D’ar mare-se pa vijent tapet e vezent gilhotinet. Meritet mat o doa (Les royalistes étaient des traitres. Quant ils étaient attrapés on les guillotinait. Ils l’avaient bien mérité)…

La suite à lire dans dimanche Ouest-France du 21 octobre 2018

Pennad orin / Texte original

D’ar 27, e voe dibennet eur vaouez hanvet Franseza-Perounel Boèhhen, 50

vloaz, ganet e Kombrit ; antronoz, eur vaouez all adarre, ann dimezell Anna

Pichot Kerdizien, 30 vloaz, ganet e Brest : houman a ioa o choum e Kimerc'h,

e ti he eontr, bet inspektour e koad ar C’hrannou : "Maouez devot

ha karantezuz, a lavar ann hini a skriv he histor, hi oa providans ar fagode-

rien a veve enn dro d’ezhi. »

Ar c’hillotin ne chomme ket ato er memez leac’h : d’ar 14 a viz ebrel e

voe kaset da Lesneven evit trouc’ha ho fennou da zaou velek, ann Aotrou-

nez Iann-Mari Habask ha Gwillou Petoun, kavet ha tapet e Kerlouan.

D’ar 16 e voe dibennet eur belek all, ann Ao. Iann-Mari Brannellek,

ganet e Gwiseni, persoun koz ar Minihi e Kastel-Paol.

Dar 17 e voe gillotinet eur soudard kanolier, Iann-Per-Hippolit, barnet

d’ar maro, var zigarez n'en doa roget eur pez arc’hant-paper ha lavaret kom-

ziou direiz !

Troidigezh / Traduction

Le 27, une femme de 50 ans, Franseza-Péronelle Boelhen, née à Combrit fut décapitée. Le lendemain une autre demoiselle Anna Pichot Kerdizien, 30 ans née à Brest : elle habitait chez son oncle à Quimerc'h. Celui-ci était inspecteur des forêts au bois du Cranou : "C'était une femme pieuse et généreuse, elle était la providance des fagotiers qui habitaient près de chez elle".

La guillotine ne restait pas toujours dans le même lieu : le 14 avril elle fut amenée à Lesneven pour couper la tête de deux prêtres de Kerlouan : messieurs Jean-Marie Habask et Guillaume Petton. Le 15 un autre prêtre originaire de Guisséni fut décapité, il était l'ancien recteur de St Pol de Léon. Le 17 on guillotina un soldat canonnier, Jean-Pierre Hippolite, condamné à mort pour avoir déchiré un assignat et proféré des paroles inappropriées.

Gouzout Muioc’h / Pour aller plus loin

Ar c'hillotin e Brest epad ar Spount Braz, Brest 1891.

Perennès (Henri), Poésies et chansons populaires bretonnes sur les affaires politiques et religieuses de la Révolution, in Annales de Bretagne, 1936-37, pp 210-239
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k115337d/f238.image.r=c'hillotin