Le Trésor du breton écrit Teñzor ar brezhoneg skrivet
Ce blog s'inscrit en complément de la Chronique Brezhoneg : trésor du breton écrit publiée dans Ouest-France dimanche. Vous y trouverez les textes intégrals et leurs traductions ainsi que des éléments de bibliographie et des liens internet pour en savoir plus. Amzer ar brezhoneg skrivet a ya eus ar bloaz 800 betek vremañ. Kavout a reoc'h amañ ar pennadoù en o hed hag o zroidigezh ha war an dro un tamm levrlennadurezh hag al liammoù internet da vont pelloc'h ganti ma peus c'hoant.

1803 : Hommage au geai savant du recteur de St-Jean du doigt

1803 : Hommage au geai savant du curé de St Jean-du-doigt

Le répertoire breton des chansons sur feuilles volantes nous réserve bien des surprises.

En 1803 on trouve ainsi une parodie d’un éloge funèbre du beau-geai du curé de Saint Jean du Doigt Meulidigezh kegin kaer kure Sant Yann-ar-Biz. Ce chef d’oeuvre de l’humour breton date le décès du volatile du 6 a viz frimaire, bloavezh unnek eus ar Republik.(6 frimaire de l’an 11 de la Republique) : marv hep na kroaz na bannier, hep dour benniget, na goulou, na letern, hep prezañs he c’herent hag ar pezh ‘zo gwashañ, hep kloareg na beleg, holl ez oar aflijet er c’hanton tro-war-dro, paotr ha plac’h ha loened ! (Il est mort sans croix ni bannière, sans eau bénite, ni cierge ni lanterne, sans ses parents et ce qui est pire encore sans prêtre ni clerc, tous les hommes, les femmes et les bêtes du canton étaient affligés).

L’éloge met en avant les qualités de ce geai polyglotte : Goût a rae pemp langaj, c’hwitellat, richanañ, ha kanañ war vuzik, parlant reizh al latin, ar saozneg, ar gregaj, jargon gwragez da koefet ha re da zigoefiñ (il connaissait cinq langues, il sifflait, gazouillait et chantait en latin, anglais, grec, il connaissait les jargons des commères pour coiffer et décoiffer !). Ces commérages ne sont pas piqués des vers, on a ainsi une litanie de jurons concernant les hommes : sac’h ar gwin (sac à vin), pilier ostaliri (pilier de bistrot), korfadig, (cuité), reder an toulloù fall (coureur de bas-fonds), furcher an davarn (chercheur de taverne), laer (voleur), mezvier (ivrogne). Ce geai avait un langage aussi fleuri que le perroquet du capitaine Haddock. Les femmes n’étaient pas en reste quand il les traite de strouillon (souillon), anduilhenn (andouille),penn skañv (tête de linotte), penn avelet (girouette), liboudenn (débauchée), liperez ar c’hafe (buveuse de café), katell-glañv didalvez, (Catherine malade sans valeur), konterez mil fablenn (konteuse de mille sornettes), babilherez hep fin (bavarde sans fin), ragacherez (jacassière) …

Tous les curés du canton furent invités aux obsèques du volatile en ces termes peu équivoques :
Deuit holl ta mignoned, deuit da fest ar vastrouilh,
An nep na deuyo ket a vezo nigoudouilh
(Amis, venez tous à la fête de la gueuserie,
Celui qui ne viendra pas sera niquedouille!).

 

Pennad orin / Texte original

Troidigezh / Traduction

Gouzout Muloc'h / Pour aller plus loin

Brezhoneg

https://fv.kan.bzh/chant-01388.html