Le Trésor du breton écrit Teñzor ar brezhoneg skrivet
Ce blog s'inscrit en complément de la Chronique Brezhoneg : trésor du breton écrit publiée dans Ouest-France dimanche. Vous y trouverez les textes intégrals et leurs traductions ainsi que des éléments de bibliographie et des liens internet pour en savoir plus. Amzer ar brezhoneg skrivet a ya eus ar bloaz 800 betek vremañ. Kavout a reoc'h amañ ar pennadoù en o hed hag o zroidigezh ha war an dro un tamm levrlennadurezh hag al liammoù internet da vont pelloc'h ganti ma peus c'hoant.

1971 : Il y a 50 ans, la première émission en breton à la télévision : Breiz o veva (Bretagne vivante).

La reconnaissance du breton qui vient de faire un grand pas cette semaine avec le vote de la loi Molac est affaire de petites avancées acquises de haute lutte. C’est le cas du breton à la télévision. En 1964, Charlez ar Gall ouvrait la voie par une chronique d’une minute par semaine.
Après des années de pétitions et de manifestations, la première émission en breton est diffusée le 5 janvier 1971. Chanig ar Gall est la première komzerez (speakerine) de la télévision bretonnante : Gant ar bloaz nevez e tigorin un erv nevez. Bep pemzekteiz ar vrezhonegerien o do tro da welout un abadenn tele savet en o yezh. Ha n’eo ket e Breizh izel nemetken met e Breizh uhel ivez betek Naoned ha Roazhon (Avec le nouvel an j’ouvrirai ur nouveau sillon. Tous les quinze jours, les bretonnants pourront voir une émission dans leur langue. Et pas seulement dans l’Ouest-Bretagne mais aussi en Haute Bretagne, jusqu’à Nantes et Rennes).

Fañch Broudig, l’un des pionniers se souvient : En deiz-se e oamp holl dirak hon fost-tele, enkrezet ha nec’het a-walc’h da c’houzout « penaos e tremenfe » ha dreist holl penaos e vefe degemeret (Ce jour là, nous étions tous devant nos téléviseurs un peu inquiets de savoir comment se passerait l’émission et surtout comment elle serait reçue).
Ce petit pas en avant ne comble pas les espoirs des militants qui regardent ce qu’il se passe dans les autres pays d’Europe. Trois ans plus tard Jean-Claude Bozec compare la tele bretonne à la télé galloise : Ma vefe roet pezh a vez roet hirio an deiz d’ar gembraegerien e vefe ret skignañ 50 « Breiz o veva » bep sizhun (Si on nous donnait aujourd’hui ce qu’on donne aux Gallois il faudrait diffuser 50 « breiz o veva » chaque semaine.

L’enjeu est de taille comme le souligne Fañch Broudig : Bras e c’hellfe bezañ perzh an tele koulskoude evit ma klevfe ha ma komzfe ar vrezhonegerien o yezh. Adaleg ma vez klevet brezhoneg en tele pe er post Bihan, sur eo troetoc’h an dud da vrezhonegañ  ( Le rôle de la télévision pour que les bretonnants entendent et parlent leur langue pourrait être important. Du moment qu’ils entendent leur langue à la radio ou à la télé, c’est sûr que ça incite les bretonnants à l’utiliser ».
Aujourd’hui, le monde audiovisuel bretonnant est plus créatif que jamais, Télés, radios et sites internet multiplient les initiatives. Reste une constante depuis 50 ans : la faiblesse des moyens.

Pennad orin / Texte original

Ur yezh na vije na direizh na divlas

Abeg a zo bet kavet a-wechou er brezhoneg a vez klevet en tele. Gant darn e vo kavet re laosk a-wechoù, gant darn all e vo kavet re start a-wechoù all, adalek ma n’eo ket ar yezh a glevont en tele tre heñvel eus o doare da gomz. N’eo ket aes bepred gouzout penaos en em gemer, ha muioc’h a-se ha peadra a vije da gomz e-pad pell eus ar gudenn-se pa z’eo troet kaer dija ar vrezhonegerien da Dremen un Tamm mat a Amzer da dabutal bepred diwar-benn brezhoneg. Trawalc’h e vo neuze diskleriañ evit hirio e ranker, d’am soñj, derc’hel kont eus an traoù evel m’emaint. Hag emichañs hon eus, pep hini en e vod, kavet ur seurt « hent etre » e Doare da vezañ komprenet digant an dud emaomp o komz outo, ha da gomz ur yezh na vije na direizh na divlaz.

Fañch Broudig
E karg eus an abadennoù brezhonek e FR3 Breizh ha Broioù al Liger.
Breiz o veva, 1981, p5-6.

Troidigezh / Traduction

Une langue qui ne soit pas fautive et qui a l'accent du terroir

On entend parfois des reproches sur la langue qu'on entend à la télévision. Certains la trouvent trop francisée, d'autres trop intellectuelle parce que ce n'est pas la langue qu'ils entendent dans leur environnement. Ce n'est pas facile de concilier les deux et on pourrait en discuter à l'infini d'autant plus que les bretonnants aiment à passer du temps à se chamailler sur le breton. Il sera suffisant aujourd'hui de tenir compte des choses telles qu'elles sont. Et Je pense que chacun d'entre nous a trouvé un chemin médian de façon à être compris par nos locuteurs dans une langue qui ne soit pas fautive et qui garde l'accent du terroir.

Fañch Broudig
Responsable des émissions en langue bretonne de FR3 Bretagne-Pays de Loire
"Breiz o veva", 1981 p.5-6

Gouzout Muioc’h / Pour aller plus loin

FR3 Bretagne-Pays de Loire - Roazon-Breiz, Breiz o veva, 1971-1981, 
Ina Atlantique, 11 émissions Breiz o veva en ligne.
Emgleo Breiz, Mettre fin au génocide culturel en Bretagne, 1969
Galv, Livre blanc et noir de la langue bretonne, Brest, 1969

Ar Gall (Charlez), Breiz o veva, Vivre la Bretagne, ed Emgleo Breiz, 2011

English

Emgleo Breiz, Memorendum on the situation of the Breton language and culture in the shools and on the radio and TV, 1971.