Le Trésor du breton écrit Teñzor ar brezhoneg skrivet
Ce blog s'inscrit en complément de la Chronique Brezhoneg : trésor du breton écrit publiée dans Ouest-France dimanche. Vous y trouverez les textes intégrals et leurs traductions ainsi que des éléments de bibliographie et des liens internet pour en savoir plus. Amzer ar brezhoneg skrivet a ya eus ar bloaz 800 betek vremañ. Kavout a reoc'h amañ ar pennadoù en o hed hag o zroidigezh ha war an dro un tamm levrlennadurezh hag al liammoù internet da vont pelloc'h ganti ma peus c'hoant.

Le loup omni-présent dans la littérature bretonne fait son grand retour en Bretagne

Le loup (ar bleiz) est omni présent dans la tradition orale bretonne. L’une des pépites est une histoire écrite par Yeun ar Gow et intituée Ur galedenn a zen ( Un homme costaud).

Tout commence à la fin d’une noce dans le pâys Rouzig (Pays de Châteaulin) : Pep hini a gemeras penn an hent da vont d’ar gêr, tomm e glipenn ha ponner e zivesker, rak stank e oa bet ar banneoù ha nebeut tre a ziskuizh etre pep abadenn-dañs (Chacun pris la route de la maison, la crête enflammée et les jambes lourdes, car il y avait eu de nombreuses libations et peu de temps morts entre les danses). Les deux sonneurs se quittent sur un dernier coup de cidre et voilà Matulin dans le noir le plus complet A greiz holl e ruilhas mell divell gant ur bern diskourrachoù ha mouded betek deon ur mell toull dezhañ daouzek troatad donder (Subitement il roula avec des branchages et des mottes de terre au fond d’un trou de douze pieds de profondeur).
Notre sonneur est tombé dans un piège à Loup mais ce n’est pas tout : E penn pellañ an toull e welas div c’hlaouenn-tan, tost tre an eil d’eben, o parañ warnañ (L’autre bout du trou il vit deux billes de feu, proche l’une de l’autre qui le regardait). Vous avez deviné, un loup était dejà tombé dans le piège.
Le sonneur désaôula vite Hag e werzhas ar bleiz oc’h ober ur gammed war raok, e fri savet uhel gantañ da c’hwezhañ ar c’hig fresk (Et il remarqua que le loup avançait vers lui, le nez levé pour sentir la viande fraîche). Et c’est là qu’il eût l’idée de génie : Kerkent e lakaas añchenn e venveg etre e vuzelloù hag e krogas da son. Son skiltrus ar vombard, evel un taol kurun a darzhas e goueled an toull. (Aussitôt il mit l’anche de son instrument entre ses lêvres et il se mit à sonner. Le son aigû de la bombarde résonnait comme un coup de tonnerre au fond du trou).
Mais dès qu’il s’arrête c’est le loup qui prend le relais : Yudal a rae en un doare euzhus ha trouz e vouezh gros ha strafuilhus a lakae holl heklevioù an tolead da dregerniñ (Il hurlait de façon épouvantable et l’écho de sa grosse voix résonnait dans tous le pays).
Au petit matin, le tintamarre s’arrêta. Matulin se reveilla sur un grabat de fougères, ses voisins le rassurèrent : « Bez dienkrez ma faotr, gwelloc’h out da dalvout ouzh ar spont eget ar bleiz. Marv eo gand e gorfad aon ! (Sois tranquille mon gars, tu vaux mieux que le loup. Il est mort de peur).
Comme le loup est aujourd’hui protégé, va t’on interdire la bombarde en Bretagne parce qu’elle terrorise la bête ? 

Pennad orin / Texte original

Troidigezh / Traduction

Gouzout Muioc’h / Pour aller plus loin

Ar Gow (Yeun), Ur galedenn a zen, Hor Yezh, 1973 (Tresadennoù gant Nono)