Le Trésor du breton écrit Teñzor ar brezhoneg skrivet
Ce blog s'inscrit en complément de la Chronique Brezhoneg : trésor du breton écrit publiée dans Ouest-France dimanche. Vous y trouverez les textes intégrals et leurs traductions ainsi que des éléments de bibliographie et des liens internet pour en savoir plus. Amzer ar brezhoneg skrivet a ya eus ar bloaz 800 betek vremañ. Kavout a reoc'h amañ ar pennadoù en o hed hag o zroidigezh ha war an dro un tamm levrlennadurezh hag al liammoù internet da vont pelloc'h ganti ma peus c'hoant.

1891 : Un catéchisme insolite celui d’Arzano (Katekiz En Arhanaou)

Avant la Révolution chaque diocèse avait son catéchisme. La création des départements a fortement perturbé l’organisation de l’Église. Ainsi le Finistère a été constitué du Léon et de morceaux de diocèses de Tréguier, de Vannes et de Cornouaille. Il faut attendre 1877 pour voir éditer un premier catéchisme unifié : Katekiz eskopti Kemper ha Leon, suivi de près par les Kantikou brezounek eskopti Kemper ha Leon, renket a-nevez dre urz ann Aotrou ‘nn Eskop Nouvel. ( Cantiques bretons de l’évêché de Quimper et de Léon, nouvellement publiés sur ordre de Mgr Nouvel). La nostalgie de l’ancien régime s’exprime par ces précisions pedennou diouz ar mintin e Kerne (prières du matin en Cornouaille) ; pedennou Treger diouz ar beure ha diouz ann noz (prières de Tréguier pour le matin et pour le soir). Quant aux Léonards qui prient du matin au soir comme on le sait, on indiquait simplement evit Tud Leoun (pour les gens du Léon).

Les grands oubliés étaient les quatre paroisses du canton d’Arzano, qui appartenaient anciennement à l’évêché de Vannes. Celles-ci continuaient à utiliser le Catechim a escobty Guénèd. (catéchisme de l’évêché de Vannes).

À la question, pourquoi dit on « Notre Père » et non pas « Mon Père » ?, les Finistériens apprenaient : Abalamour ma tleomp pedi ann eil evit egile evel bugale da eur memes tad (Parce que on doit prier l’un et l’autre comme les enfants d’un même père). Les Vannetais apprenaient : Eit dégass chonj t’emb é ma bredér ol er Gréchenion, hag e teliant pedein en eil eid éguilé ( Pour nous rappeler que tous les Chrétiens sont frères et que nous devons prier l’un et l’autre).

Ces deux sons de cloches étaient inacceptables pour l’évêque de Quimper, qui chargea Pierre Madec, originaire de Carnac, de rédiger en breton d’Arzano, le fameux catéchisme unifié. La réponse à la question précédente était maintenant Abalamour e tellamb pédeign en eil ewit e guilé, el bugale d’ur mêm tad, soit une traduction mot pour mot catéchisme officiel, en écriture vannetaise.

Le Katekiz eskopti Kemper skrivet e brehonek kanton En Arhanaou (Catéchisme de l’évêché de Quimper écrit en breton du canton d’Arzano), fut publié pour la dernière fois en 1934, l’année même où on annonçait la parution prochaine d’un seul catéchisme pour tous les diocèses de France. Traduit aussi en breton, il ne tarda pas à devenir obsolète. Le catéchisme du XXIème siècle est lui universel, le Katekiz an iliz katolik a été traduit en breton en 2014.

Pennad orin / Texte original

Troidigezh / Traduction

Gouzout Muioc’h / Pour aller plus loin

Katekizoù

1807 .- Catechis evit an oll ilizou emeus an Impalaërdet a Franç Quemper : P. M. Barazer .- 248 p.
1865.- Catekismou Leon imprimet dre urz Autrou'n eskop Kemper ha Leon.- Kemper Kerangal
1874 .- Catechim a escobty Guened .- Guened Galles 106 p. 
1877 .- Catekis Kemper pe abrege euz ar feiz
1891 .- Katekiz eskopti Kemper skriwet e brehonek kanton Arzano
1934 .- Katekiz Eskopti Kemper skriwet e brehonek kanton en Arhanaou.- An Oriant
1943 .- Va c'hatekiz krenn .- Pariz e ti Tolra
2014.- Katekiz an iliz katolik, emb. Imbourc'h.

Brezhoneg
https://emglev.files.wordpress.com/2013/02/roll-levrio-katekiz.odt

Français

  • Morvannou (Fanch), Arzano et son catéchisme breton , in Chrétienté de Basse-Bretagne et d'ailleurs, Quimper 1998, Société archéologique du Finistère, p 203-224.
  • Simon (Fr. Marc), Promenade à travers les catéchismes bretons de Cornouaille,  in Chrétienté de Basse-Bretagne et d'ailleurs, Quimper 1998, Société archéologique du Finistère, p 225-235