Le Trésor du breton écrit Teñzor ar brezhoneg skrivet
Ce blog s'inscrit en complément de la Chronique Brezhoneg : trésor du breton écrit publiée dans Ouest-France dimanche. Vous y trouverez les textes intégrals et leurs traductions ainsi que des éléments de bibliographie et des liens internet pour en savoir plus. Amzer ar brezhoneg skrivet a ya eus ar bloaz 800 betek vremañ. Kavout a reoc'h amañ ar pennadoù en o hed hag o zroidigezh ha war an dro un tamm levrlennadurezh hag al liammoù internet da vont pelloc'h ganti ma peus c'hoant.

Défense de parler breton et de cracher par terre : l’écriteau de Gwenn-Aël Bolloré

QUESTIONS SUR UN INTERDIT ?

Le musée océanographique d’Odet possède une pièce rare qui n’a rien à voir avec l’exploration des grands fonds marins chère à Gwenn-Aël Bolloré, mais plutôt à un épisode douloureux de notre mémoire collective : l’interdiction de parler breton à l’école.

L’écriteau « Défense de cracher par terre et de parler breton. » nous semble familier, et cette formule choc utilisée par les défenseurs de la langue bretonne pour stigmatiser la période d’interdiction du breton à l’école mais aussi à l’église ou dans les tribunaux, fait partie des choses admises par tous.

Pourtant le chercheur Fañch Broudic a soulevé le problème de l’authenticité de cette affiche. Dans deux articles parus dans le Bulletin de la Société Archéologique du Finistère en 2001 et 2002, ce spécialiste reconnu de la sociolinguistique bretonne indique que personne n’a pu présenter à ce jour une affiche authentique indiquant ce type d’interdiction. Sur son site internet www.langue-bretonne.com, il continue à mettre à jour les témoignages et les contributions au débat. La question est de savoir si cette formule a été effectivement apposée dans les lieux publics en Bretagne sur l’initiative de l’administration d’état ou si c’est une création du mouvement de défense de la langue bretonne. Ce serait alors un slogan choc pour résumer une politique d’éradication de la langue bretonne.

Le document que Gwenn-Aël Bolloré nous a légué dans son musée privé apparaît donc comme extrêmement intéressant et pose diverses questions.

Tout d’abord signalons que l’intéressé récemment décédé ne pourra pas nous donner d’indication sur l’origine de cet écriteau soigneusement encadré. Le gardien actuel du musée n’en sait pas plus. Quelques anciens papetiers proches du capitaine d’industrie restent également perplexes.

Le document ne porte aucune indication d’origine. L’extrême sophistication du décor et l’utilisation d’une police d’écriture peu banale (Roberta 3) montre que ce document a été créé par un artiste, on est loin de l’affiche de type administratif intitulée « Aux élèves des écoles » que F. Broudic reproduit sur son site.

Faut-il rechercher l’origine de ce document dans les multiples amitiés littéraires et artistiques que Gwenn-Aël Bolloré a entretenues sa vie durant ? Par ses activités d’industriel, de chercheur, d’éditeur (les éditions de la Table Ronde et Jean Picollec), par ses qualités d’écrivain, d’ancien combattant, de cinéaste, il a pu se faire offrir ce document spécialement composé par un de ses amis. Mais il est possible aussi que son sens de la conservation ait pu jouer pour un document qu’il savait rare et qu’il a voulu mettre en valeur sous un bel écrin.

La fille de Gwenn-Aël Bolloré m’a gentillement donné la clé de l’énigme. Connaissant la passion de l’illustre Gabéricois pour tout ce qui concerne la Bretagne, cet écriteau stylisé a été créé spécialement comme cadeau lors d’un de ses anniversaires. Cet écriteau est resté longtemps dans le bar privé de Gwenn-Aël à l’intérieur du musée océanographique.

On ne connait donc toujours pas l’origine exacte de la célèbre affiche  reproduite partout.

Si quelqu’un a vu un tel écriteau dans un lieu public, merci de nous le signaler à l’association Arkae ou par le biais de notre site internet

www.arkae.org ou à l’adresse de l’association 2 rue de Kerdevot, 29500 Ergué-Gabéric.

Pennad orin / Texte original

Troidigezh / Traduction

Gouzout Muioc’h / Pour aller plus loin