Le Trésor du breton écrit Teñzor ar brezhoneg skrivet
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1807 : Napoleon-Vras (le Grand-Napoléon) divise les Bretons du XIXème siècle

Le culte de l’empereur commence dès son règne : le Trégorrois Fañch Guenveur publie une chronique en vers des campagnes militaires : Oberiou kaer Napoleon-Vras…devezh memorabl eus ar vatailh a Eylau ( Les exploits de Napoléon le Grand… le jour mémorable de la bataille d’Eylau).

Les intentions de l’auteur sont claires : Habitanted a Dreger, a Gerne, a Leon, Heuliet am eus evidoc’h pazioù Napoleon ; Evit ma c’hellfet ivez, en dro hoc’h oalejoù Parlant gant ho pugale eus kalz e labourioù. ( Habitants du Trégor, de Cornouaille et du Léon, J’ai suivi les pas de Napoléon pour que vous puissiez dans vos foyers, instruire vos enfants de ses exploits. 

Et notre chansonnier de décrire de façon réaliste la terrible bataille d’Eylau : Nav pe dek mil korf marv ha pemp mil a roñsed, Pennoù, memproù, empennoù, a-beb kostez strinket, Seier, tammoù fuzuilhoù ha tammoù sabrennoù, Zo kapabl da inspirañ horol ar brezelioù ( Neuf ou dix mille morts et cinq mille chevaux. Des têtes, des membres, des cervelles de tous côtés, Des sacs, des bouts de fusils ou de sabres sont capables d’inspirer l’horreur des guerres).

Bien entendu, le chansonnier prend bien soin de préciser que ce carnage n’est pas du fait de Napoléon qui ne fait que se défendre contre ses ennemis : Lies zo dezho propozet a-berzh Napoleon, Ur peoc’h deziret gantañ ha just e pep feson : Hogen ar Saoz fuloret, kaoz d’an holl waleurioù a renk, Kent evit kouezhañ, glac’hariñ ar broioù (Napoléon leur a souvent proposé une paix juste, cependant l’Anglais en furie, cause de tous les malheurs, s’échine, avant d’être terrassé, à endeuiller tous les peuples).
En Bretagne la conscription massive a été mal vécue mais peu de critiques s’élèvent avant la chute de Napoléon III, à l’exception notable du poète Auguste Brizeux : Napoleon oa ar Roue, ar gwir vleiz a vrezel, Hep truez d’ar mammoù paour a skrape o bugel : Lavaret ‘reer er bed-all emañ en ul lennad, Emañ betek e c’henou en ur poull leun a wad ! (Napoléon était le roi, un vrai loup de guerre, sans pitié pour les mères à qui il volait leur enfant. On dit que dans l’autre monde il baigne jusqu’aux lèvres dans une mare pleine de sang). Jean-Marie Déguignet n’est pas en reste : « Il mit toute l’Europe à feu et à sang et ce grand ravageur a été statufié partout ». On le voit, la polémique sur Napoléon n’a pas épargné la société brittophone.

Pennad orin / Texte original

Emgann Eylau (8 a viz C'hwevrer 1807)

Gant François Guenveur

Prestit hoc'h atañsion, bremañ bras ha bihan
Da selaou diviz batailh, anvet hini Eylan
An terruplañ deus ar re betek bremañ brudet,
Gonezet gant un haroz ne voe biskoazh trec'het
An eizhved deus ar mintin, pa weljod sklaerijenn
E komañsont atakiñ dre ur ganonadenn ;
Bonapart, deus an iliz o devoa dilezet,
A roas da holl drouploù an urzhioù voa dleet

An arme rus voa plaset war ur menez bihan,
Hag hini Napoleon en em gave dindan ;
Dizavantaj remerkabl evit hon harozed,
Mes dre vaillantiz dispar o deus e dremenet
Kent evit un hanter-eur demeus an daou gostez
E komañsont da dennañ an eil war egile ;
Ar Rusianed a voa serret e kolonenn,
A-geñver gant hon arme war-hed un hanter tenn.
Hon taolioù a zistruje soudarded arme rus,
Hag o re a rae ivez hon trouploù kourajus ;
Rag an douar digompez hag an erc'h a gouezhe
O añpechas ur pennad d' 'allout tostaat dezhe.
Ur barrad erc'h estonus a deuas da ober,
Evel ne weljont biskoazh o kouezhañ eus an aer ;
An amzer a voe teñval, er poent na weler ket,
E nep kostez d'an arme teir pe beder gammed.
Dre nep seurt teñvalijenn n'haljont ket konduiñ
Ar bount a c'houarnamant enep an enemi ;
En-dro pad un hanter-eur meurbet difavorus,
Etre ar gombaterien voe ar viktor douetus.
Mes pa deuas an amzer goude da vezañ sklaer,
Ar jeneral dug a Verg a redas gant herrder
Enep an enemied gant e gavaleri,
En ur sirkoñstañs presus, mar boe biskoazh hini.
Ar Rusianed war varc'h o deus souden gwintet,
Petra bennak m'o devoa souten outañ klasket ;
Al lazherezh voe horrupl ! Div regenn soudarded,
Dre gouraj hon harozed a weljont dispennet.
Al linenn-all a stourmas favoret gant ur c'hoad ;
A vire deus hon trouploù d'hallout outi tostaat ;
Koulskoude dre 'r stok bras-mañ dispar ha surprenus,
E voe diroudet ouzhpenn ugent mil soudard rus.
Gwardoù an Impalaer div wech o deus treuzet
Arme an enemied, kant anezhe voe lazhet ;
Mes o c'houraj digompren ! En dro dezhe zo kavet
Ouzhpenn mil soudard marv deus ar Rusianed.
Ur viktor bet pell douetus erfin voe rezolvet,
Evel m'en devoe Davoust an arme rus troet ;
En ven e klaskas goude kemeret adarre
E flas kaer ha profitabl war bladenn ar menez.
Kolloù ar Rusianed zo inkalkulapl,
Hag ar re hon eus soufret a zo koñsiderapl ;
Tri c'hant geolioù tanflammet, renket e daou gostez
A lañsas daouzeg eur-vat ar marv anezhe.
Hor c'holl-ni a sav, siwazh, da naonteg kant marv, 
Ha demeus ar re vleset pemp pe c'hwec'h mil war-dro ;
Seizh pe eizh mil prusian er blasenn zo kavet
Hag holl tiez ar c'hanton, leun eus ar re vleset.
Daou war 'n ugent jeneral eus hon enemied
Ha nav c'hant ofiser er vatailh zo lazhet ;
En ur gwir, er vatailh-mañ ouzhpenn tregont mil den
'Zo lazhet pe prizonet dre nerzh ar Fransizien.
Pemp war 'n ugent pezh kanol a chomas er plasenn,
Gant o renerien friket, kavet en o c'hichen ;
Ar plas a voa goarniset a dokoù, kaskennoù,
A evaj hag a vara, a boultr a voledoù.
Nav pe dek mil korf marv, ha pemp mil a roñsed,
Pennoù, membroù, empennoù, a beb lostez strinket,
Seier, tammoù fuzuilhoù ha tammoù sabrennoù,
Zo kapabl da iñspirañ horrol ar brezelioù.
Lakaet e brezhoneg unvan gant B.R.

 

 

Troidigezh / Traduction

La bataille d'Eylau (8 février 1807)

par François Guenveur

Prêtez attention maintenant, petits et grands
Pour écouter le récit de la bataille qu'on appelle d'Eylau
La plus terrible de celles qu'on connait à ce jour
Gagné par un héros qui ne fut jamais vaincu.
Le huit au matin, quand on vit le jour.
Ils commencent à attaquer par une canonnade ;
Bonaparte de l'église qu'ils avaient abandonnée,
Donna à ses troupes les ordres qu'il fallait.
L'armée russe était placée sur une petite colline,
Et celle de Napoléon se trouvait en contrebas,
Un désavantage évident pour nos héros,
Mais par leur vaillance sans pareille ils l'ont contourné.
Pendant une demi-heure de chaque côté,
Ils commencent à se tirer dessus simultanément ;
Les Russes étaient rangées en colonnes,
Parallèlement à notre armée à une demi portée.
Nous portions des coups fatals à l'armée russe,
Et eux de même sur nos troupes courageuses ;
Mais le terrain chaotique, et la neige qui tombait,
Les empêcha un moment de les approcher.

Une violente tempête de neige se mit à tomber
Comme on ne vit jamais tomber du ciel ;
Le temps était sombre, un moment on ne voyait plus rien,
Pas plus de trois ou quatre pas dans chaque camp.

Par une telle obscurité, ils ne pouvaient pas engager
L' ordre de foncer sur l'ennemi ;
Pendant une demi heure très défavorable
On ne savait pas qui vaincrait parmi les combattants.

Mais quand le temps redevint clair
Le général Duc de Verg fonça rapidement
Sur les ennemis avec sa cavalerie,
Dans des circonstances précieuses s'il n'en fut jamais.

Les cavaliers russes subitement culbutés
Cherchèrent du soutien vainement
La tuerie fut terrible, Deux rangées de soldats
Par le courage de nos soldats furent massacrés.
L'autre ligne lutta à l'abri d'un bois
Qui empêchait les troupes de s'approcher ;
Pourtant par ce grand choc aussi soudain et extraordinaire
Plus de mille soldats russes furent tués.
Les gardes de l'empereur par deux fois traversèrent
L'armée de l'ennemi, Ils perdirent cent hommes,
Mais par leur courage étonnant, on trouva autour d'eux
Plus de mille soldats russes tués.
Une victoire longtemps incertaine enfin se dessina
Quand Davoust contourna l'armée Russe
En vain elle chercha ensuite à reprendre
Sa place sure et profitable sur le haut de la colline.

Les pertes des Russes sont incalculables
Et considérable fut le nombre des blessés ;
Trois cents gueules de canon firent feu sur deux côtés
Et lancèrent la mort pendant douze heures d'affilée.

Nos pertes se lèvent à mille neuf cent morts
Et nos blessés au nombre de cinq à six mille environ.
Sept à huit mille Prussiens furent trouvés sur place,
Et dans tous les maisons de la contrée plein de blessés.
Vingt et deux généraux ennemis
Et neuf cents officiers furent tués dans la bataille
En vérité dans cette bataille, plus de trente mille hommes
Furents tués ou prisonniers par la force des Français.

Vingt cinq gros canons restèrent sur place
Avec leurs servants déchiquetés à leur côté ;
Le terrain était jonché de casques et de chapeaux
De nourritures, de boissons, de poudres et de boulets.
Neuf ou dix mille corps tués et cinq mille chevaux,
Des têtes, des membres, des cervelles de tous côtés
Des sacs, des bouts de fusils ou de sabres,
Sont capables d'inspirer l'horreur de la guerre.
Trad. Bernez Rouz

Gouzout Muioc’h / Pour aller plus loin

Le Jeune (Alain) pe Alan ar Yaouank, Campagnou an Ampereur Napoleon, renablet war Kan.bzh, Levroueg Landeveneg.
Guenveur (François), Recit war buez an Ampereur Napoleon, renablet war Kan.bzh, British Library, Londrez.
Guenveur (François), Oberyou kaer Napoleon Vras (8/12/1806- 8/02/1807 ) renablet gant Kan.bzh, British Library, Londrez.
Guenveur (François), Oberyou caër Napoleon, (8/02/1807 - betek peoc'h Dilsit). renablet gant Kan.bzh, British Library Londrez. 8p.
Marec (François), Buhez Napoleon Bonapart kenta, Impalaer, renablet war Kan.bzh, Levraoueg Landeveneg
Ledan (Alexandre), Da soudarded coz Napoleon, renablet war Kan.bzh, Levraoueg Landeveneg.
Herm (Jean-François Ignace d'), Peoc'h etre an holl vroioù a-drugarez da Vonapart, renablet gant Kan.bzh,