Le Trésor du breton écrit Teñzor ar brezhoneg skrivet
Ce blog s'inscrit en complément de la Chronique Brezhoneg : trésor du breton écrit publiée dans Ouest-France dimanche. Vous y trouverez les textes intégrals et leurs traductions ainsi que des éléments de bibliographie et des liens internet pour en savoir plus. Amzer ar brezhoneg skrivet a ya eus ar bloaz 800 betek vremañ. Kavout a reoc'h amañ ar pennadoù en o hed hag o zroidigezh ha war an dro un tamm levrlennadurezh hag al liammoù internet da vont pelloc'h ganti ma peus c'hoant.

Jack Kerouac, l’ami de Youenn Gwernig est né il y a cent ans : « Sur la route » vient d’être traduit en breton.

Grâce à Kristian Braz, ce monument de la littérature mondiale est maintenant disponible en breton, sous le titre War an Hent. On sait que Jack Kerouac, né au Québec, cultivait ses origines bretonnes. 
Quand Youenn Gwernig, émigré à New-York le rencontre, c’est le coup de foudre. Deut on da vezañ mignon bras gant Kerouac. Tremenet am eus ur weekend gantañ en e di e Hyannis, Massassuchetts (Je suis devenu très ami avec Jack Kerouac. J’ai passé un week-end avec lui dans sa maison du Massachussetts) écrit-il à son éditeur breton, Ronan Huon …

Nous sommes en novembre 1966. Voici comment le décrit Youenn Gwernig : Un dra gouez, Kerouac, dalc’hmat gant ur voutailad scotch en e zorn, ha ni hon daou o huchal abouez penn barzhonegoù Withman, Rimbaud, Pound, Durrell, Ginsberg e re dezhañ ha me o tibunañ va re, mar plij e Brezhoneg ! (Quel engin ce Kerouac, toujours avec une bouteille de whisky à la main, et nous deux déclamant à hautes voix les poèmes de Withman, Rimbaud, Pound, Durrell, Ginsberg, les siens bien sûr et les miens en breton s’il vous plait !).
Et nos deux poètes de courir la grève à la recherche des anciens celtes : Hag e kreiz an noz setu ni kuit dindan al loar-gann evit klask war an traezh roudoù ar Vretoned kozh treuzet gante ar mor bras e kest an inizi (et nous voilà partis dans la nuit de pleine lune à la recherche des vieux Bretons qui traversent l’Atlantique dans leur quête des îles).
Les deux hommes avaient projeté une virée en Bretagne : Fell’ a ra dezhañ adkavout e wriziennoù (Il veut retrouver ses racines) écrit Youenn. Ce ne fut pas le cas, Kerouac fit seul une visite éclair en Bretagne en 1967. Il raconte dans son livre Satori à Paris sa visite infructueuse sur la trace de ses ancêtres. Mais ce n’est que partie remise : Mont a rimp da Vreizh asambles un devezh bennak, dindan bloaz, daou gwir priñs kelt evel ma larez (Un jour viendra où nous irons en Bretagne ensemble comme deux princes celtes comme tu dis.)
Kerouac, usé par les abus d’alcool et de drogues décède en 69. Il a eu une influence déterminante sur Youenn Gwernig : Ur gwall lañs eo bet evidon kavout ar paotr evit kenderc’hel da skrivañ ( La rencontre de ce garçon me donna une énergie incroyable pour écrire).

Tant mieux pour les lettres bretonnes !

Pennad orin / Texte original

Troidigezh / Traduction

Gouzout Muioc’h / Pour aller plus loin

E brezhoneg

Kerouac Jack, War an hent, Brezhoneg gant Kristian Braz, Al Liamm, 2021
Radio Kreiz Breizh : ITW Kristian Braz diwar-benn troidigezh Kerouac
Al Liamm N°411, Gouere Eost 2015

En Français

Dagier (Patricia), Quéméner (Herve), Jack Kerouac, Au bout de la route la Bretagne, An Here, 1999
Tanguy (René), Sad Paradise, la dernière route de Jack Kerouac, Locus Solus, 2016

In English

Breizh Amerika, Was Kerouac really Breton ?